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Mardi 08 juillet 2025

Comprendre et préserver la tourbière

Les tourbières sont des milieux humides caractérisés par une saturation permanente du sol en eau. Le manque d’oxygène dans l’eau ralentit la décomposition des matières organiques, formant ainsi de la tourbe. Situées à l’interface entre les milieux terrestres et aquatiques, les tourbières jouent un rôle primordial. Ce sont des réservoirs de vie, mais également de véritables infrastructures naturelles qui nous rendent de nombreux services, appelés «services écosystémiques» !

Pourquoi préserver les tourbières ?

Des services de régulation des eaux : Grâce à leur grande capacité d’absorption, les tourbières participent à la régulation des niveaux d’eau. Elles atténuent les impacts des inondations lors des fortes pluies et des remontées de nappes phréatiques et restituent l’eau en période de sécheresse.
Des «Puits de carbone» : Les tourbières ne couvrent que 3 % de la surface du globe mais représentent 30 % du carbone total piégé dans les sols.
Des services d’approvisionnement : La paludiculture est une forme d’agriculture qui tire profit des terres humides. Elle permet la production de biomasse (élevage, culture, production de bois) tout en préservant les tourbières.
Des services culturels : archéologie et paléoécologie : La tourbe conserve des archives naturelles et des objets archéologiques qui renseignent sur l’évolution du climat et  l'utilisation des milieux au cours des 10 000 dernières années. On retrouve dans cette tourbe des restes millénaires de grains de pollen, graines, bois, carapaces d’insectes, restes
d’activités humaines, etc.
Des réservoirs de biodiversité : Parmi les zones humides naturelles, les tourbières sont parmi les plus riches en biodiversité. Elles abritent de nombreuses espèces animales et végétales rares ou menacées.

Pourquoi ces travaux ?

L’assèchement progressif de la tourbière, combiné au manque d’entretien, a fortement dégradé ce milieu humide. L’objectif des travaux engagés consiste à restaurer un
écosystème de type tourbière fonctionnel et durable. Entre 2009 et 2026, le projet européen LIFE Anthropofens porté par le CEN des Hauts-de-France a permis de mener un
ambitieux programme de restauration de la tourbière de Morcourt.
→ La restauration de plus de 16 hectares de prairies humides pâturées par une race bovine locale, la Rouge flamande
→ La restauration hydraulique de la tourbière (bouchage de drain, pose de vannage)
→ La restauration de près de 5 hectares de sols tourbeux par décapage des tourbes superficielles dégradées
→ La reconversion des peupleraies en prairies pâturées et boisements naturels
→ Le rehaussement d’un fond de l’étang pour favoriser la création de tourbe
Il reste encore la plantation de 3 900 aulnes (espèces se trouvant naturellement dans les tourbières) et l’aménagement du circuit de découverte pour clore le chantier.

Un projet à l'ADN local

→ Les entreprises sont issues pour la majorité de la région Hauts-de-France
→ Réutilisation de la tourbe dégradée extraite par des agriculteurs locaux pour son enrichissement des sols
→ Revalorisation du bois coupé par des filières locales pour la production d’énergie.

Un projet exemplaire

En avril dernier, la ministre de la Transition écologique, madame Agnès Pannier-Runacher, est venue sur le site du marais pour saluer l’aboutissement d’un projet ambitieux de restauration environnementale. Cette visite officielle témoigne de l’intérêt porté par l’État à cette initiative locale.

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